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Régine : « Avec les bénévoles SNC, j’étais enfin écoutée. »

Accompagnée par un binôme de bénévoles à Lyon, Régine, assistante administrative de 52 ans, a décroché un CDI début 2020 : elle raconte son expérience.

Comment avez-vous entendu parler de SNC ?

Malgré un contrat en CDI pendant sept ans, j’ai surtout alterné des périodes travaillées et des périodes de chômage. En 2016, c’est ma sœur qui m’a parlé de Solidarités nouvelles face au chômage car elle avait été accompagnée. Je vis à Lyon donc j’ai été mise en contact avec le groupe de Lyon Crillon.

Comment s’est déroulé votre accompagnement ?

J’ai été suivie par un binôme de bénévoles d’avril 2016 à janvier 2020. Je travaille à nouveau depuis février 2020, en CDI, en tant qu’assistante administrative dans une entreprise de nettoyage. Au début, nous avions rendez-vous toutes les semaines, puis tous les quinze jours en 2019. Les rendez-vous avaient lieu le jeudi ou le vendredi et ma crainte était de n’avoir rien de nouveau à partager avec eux. En fait, je ne suis jamais arrivée les mains vides : j’avais toujours répondu à des annonces même si elles n’avaient pas abouti ou passé un entretien.

Qu’est-ce que cet accompagnement vous a apporté ?

Au chômage, on a besoin de soutien : ce sont des périodes très dures. Quand on répond à une annonce et qu’il ne se passe rien, le désespoir s’installe. Les bénévoles SNC ne nous jugent pas, ils aident à reprendre confiance en soi et à avoir une certaine assurance, à garder foi en ses compétences : c'est ce qui a été le plus compliqué pour moi. Le chômage détruit mentalement une personne. On se sent dévalorisé, rejeté et sans intérêt aux yeux de la société. Ces rendez-vous m’aidaient à rebondir sur la semaine suivante : j’étais enfin écoutée, on ne me dénigrait pas. On tenait compte de mes recherches et de l’état dans lequel j’étais. Parfois, même nos proches ou notre famille tiennent un discours dur à entendre.
Je suis organisée, je n’avais pas besoin d’aide sur les méthodes de recherche d’emploi. Par contre, j'ai sollicité mes accompagnants pour la préparation des entretiens d'embauche, qui me faisait cruellement défaut. Ainsi, ils m’ont proposé de participer à des ateliers, très intéressants, qui m'ont beaucoup aidée. De plus, après chaque entretien d'embauche, nous échangions sur les points à améliorer : c'était très formateur pour les entretiens futurs.

Quels messages auriez-vous envie de transmettre aujourd’hui ?

Avant la crise sanitaire, on n’embauchait déjà pas beaucoup. Aujourd’hui, la situation est pire. Il y a un sujet qui me tient à cœur : ce sont toutes ces annonces qui reviennent régulièrement. On a beau envoyer sa candidature, on ne reçoit pas de réponse et on retrouve l’annonce un plus tard. C’est un vrai problème dont personne ne parle.
Mes accompagnants SNC m’ont parlé d’un atelier d’informatique organisé par Solidarité informatique emploi (SIE), auquel j’ai participé assidûment pendant quatre ans et qui m’a permis de mettre à jour mes compétences et de progresser sur divers logiciels. Il se trouve que le président de SIE, qui avait appris à nous connaître, a entendu parler d'un poste à pourvoir via son réseau et en a fait part à deux participants. C’est ma candidature qui a été retenue. J’ai eu de la chance de retrouver un emploi par son intermédiaire.

J’ai signé un CDI mais je sais qu’on peut toujours retomber au chômage un jour ou l’autre. J’ai été très marquée par ces périodes de chômage, je reste très sensibilisée à cette cause.