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Victoria : « Instaurer un climat de confiance est un préalable à l’accompagnement. »

Engagée auprès de SNC depuis une vingtaine d’années, à l’origine de la création d’un groupe de solidarité dans la région des Hauts-de-France, Victoria, 46 ans, raconte son expérience de bénévole.

Comment avez-vous connu SNC ?

Il y a une vingtaine d’années, j’ai rencontré des représentants de SNC lors d’un forum des associations. Je souhaitais m’investir à titre bénévole dans une activité qui m’invite à pratiquer l’écoute, le soutien et qui me permette de me sentir utile sur un sujet de société. Je suis devenue bénévole au sein d’un groupe de solidarité à Lille. Dix ans plus tard, suite à mon déménagement et à l’évolution de ma situation familiale, j’étais moins disponible. L’idée a alors germé de constituer un groupe de solidarité au sein du territoire rural où je me suis installée : créé en 2014, le groupe local Pévèle Carembault rassemble aujourd’hui 11 bénévoles.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement plus dans le projet de SNC ?

La méthode SNC, centrée sur l’écoute et la bienveillance et qui s’appuie sur des formations proposées à tous les bénévoles, m’a particulièrement intéressée. En effet, j’ai travaillé comme coach en emploi et le temps consacré à l’accompagnement était compté, les objectifs de retour à l’emploi, clairement définis. Or, en situation de chômage, tout le monde n’est pas capable de mettre en œuvre un plan d’action en moins de trois mois. Il est impossible d’uniformiser les accompagnements. Et, selon SNC, il n’y a effectivement pas de solution toute faite. M’engager auprès de SNC a remis en cause mon engagement professionnel mais mon action bénévole, davantage en accord avec mes valeurs, m’a permis de retrouver du sens.

La notion de binôme de bénévoles m’a également interpellée. D’ailleurs, on pourrait parler d’une expérience en trio, entre les deux bénévoles et la personne accompagnée : le regard porté par le binôme est au service de la personne en recherche d’emploi. Il s’agit d’un accompagnement à trois cerveaux et c’est toujours plus riche que d’être seul-e face à son ordinateur.

Que vous apporte cette expérience ?

Cette expérience permet une prise de conscience sans cesse renouvelée. C’est une piqûre de rappel : on n’est pas en capacité de savoir à la place de l’autre. Dans un monde où tout doit être sous contrôle et où tout va (trop) vite, chaque accompagnement, différent des précédents, nous rappelle qu’il n’y a pas de certitude.

Par ailleurs, la recherche d’emploi soulève tellement d’autres problématiques qu’on peut parfois se décourager en tant que bénévole. Mais, au final, c’est réjouissant car on investit, on explore tout ce qui peut amener la personne accompagnée vers une forme de sérénité, une réponse à ses problèmes.

De plus, dans la plupart des cas, une personne en recherche d’emploi se trouve confrontée aux conseils, remarques et jugements des personnes de l’entourage, bienveillantes et soucieuses, certes, mais pas toujours mis en œuvre avec les « bons mots ». L’écoute active et sans jugement que l’on peut trouver chez SNC permet de « déposer » aux bonnes personnes ses mots/maux et de trouver un positionnement plus confortable face à cet entourage.

Enfin, il est essentiel d’instaurer un climat de confiance pour libérer la parole : c’est un préalable pour travailler la question de l’accompagnement.