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SNC publie son baromètre sur le chômage et ses impacts (vague 4)

Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) publie la quatrième vague de son baromètre sur les impacts du chômage. Réalisée en février 2021 par Comisis OpinionWay sur un échantillon de plus de 3 000 actifs en emploi et en recherche d’emploi, l’étude apporte des éclairages sur l’évolution des caractéristiques et du vécu du chômage au gré des changements de société et, depuis un an, de la crise sanitaire.

Si le baromètre réaffirme que le chômage est globalement une étape obligée du parcours des actifs, il met en lumière de nouvelles caractéristiques : allongement de la durée du chômage ; rajeunissement des chercheurs d’emploi. On note par ailleurs que la crise Covid a un impact délétère sur l’entrée des jeunes sur le marché de l’emploi et sur la santé des chercheurs d’emploi.

Le chômage, passage quasi obligé du parcours des actifs

Le chiffre est stable depuis la première vague du baromètre (2017) : 6 actifs en emploi sur 10 déclarent avoir connu une période de chômage au cours de leur parcours professionnel. Cette expérience douloureuse partagée par une large majorité d’actifs les affecte de plus en plus longtemps : parmi les 2,8 millions de chercheurs d’emploi, 33 % déclarent être inscrits à Pôle emploi depuis plus de 2 ans, contre 31 % en 2019. Le rajeunissement des chercheurs d’emploi inscrits à Pôle emploi est l’autre évolution notable : en 2020, 77 % d’entre eux ont moins de 44 ans, contre 68 % en 2019.

La santé des chercheurs d’emploi plus impactée par la crise Covid

Dans son rapport intitulé La santé des chercheurs d’emploi, un enjeu de santé publique, paru en 2018, SNC alertait déjà sur une réalité trop souvent ignorée : le chômage nuit à la santé. On constate notamment un renoncement aux soins plus important chez les chercheurs d’emploi que parmi les actifs occupés. Et, même s’il faut relever quelques signes positifs tels que l’organisation d’un colloque international dédié aux « oubliés de la santé » à l’initiative de Santé publique France en 2019, la conclusion d’une convention entre Pôle emploi et la Caisse nationale de l’assurance maladie en décembre dernier et des recherches universitaires lancées sur le sujet, il est encore insuffisamment pris en charge. Sans surprise, la crise sanitaire accentue le phénomène : 19 % des chercheurs d’emploi déclarent que leur état de santé s’est, en général, dégradé depuis le début de la crise Covid, contre 13 % des personnes en emploi. Parmi ces personnes, 46 % disent avoir souffert de dépression et d’impacts psychiques.

Une évolution notable du chômage des jeunes et des seniors

D’un côté, les jeunes sont les plus touchés par la crise : en 2020, les personnes âgées de 18 à 24 ans entrant sur le marché de l’emploi représentent près d’un tiers des chercheurs d’emploi, soit 32 % contre 29 % en 2019 et 24 % en 2018. Une hausse qui s’explique par la chute du nombre de CDD et de contrats en intérim constituant habituellement la voie d’entrée des jeunes sur le marché du travail et, de façon générale, par la diminution des recrutements. Leur situation a par ailleurs été aggravée par les possibilités limitées de mobilité.
De l’autre côté du spectre, le taux d’activité des personnes de 55 ans et plus est passé de 84 % en 2019 à 90 % en 2020. Cette progression est tendancielle puisqu’elle résulte d’une volonté affichée de susciter la prorogation de la durée d’activité par un recul progressif de l'âge de la retraite et la suppression des diverses mesures de préretraites ou départs anticipés. Malgré cette augmentation, la France se situe toujours en retrait par rapport aux autres pays européens. Il reste nécessaire de suivre avec une vigilance particulière l’évolution de cette tendance, d’autant qu’un tiers des chercheurs d’emploi de plus de 55 ans est en recherche depuis plus de trois ans.

Continuer à lutter collectivement contre le chômage

« Nous espérons qu’avec la 4e édition de son baromètre, SNC aura contribué à faire connaître, au-delà des stéréotypes et des clivages, la réalité vécue par les chercheurs d’emploi et à y sensibiliser la société civile, les institutions, les pouvoirs publics et tous les employeurs. La crise sociale, qui est devant nous avec son cortège de désespérance pour celles et ceux qui ne voient plus le chemin de l’emploi, doit être anticipée et prise en compte par les décideurs. », réaffirme Gilles de Labarre, président de SNC.

À quelques semaines de la mise en œuvre des dispositions les plus sévères de la réforme de l’assurance chômage, il est primordial de continuer à faire entendre la voix des chercheurs d’emploi. Faire émerger de nouvelles pratiques de recrutement et d’intégration, accroître l’accès à la formation des chercheurs d’emploi, adopter des mesures préventives en matière de santé pour les personnes au chômage : voici quelques-unes des pistes d’amélioration proposées par SNC qui poursuit son engagement pour lutter activement contre le chômage.