Mariama : « J’ai officiellement intégré l’école d’infirmière pour trois ans d’études. C’est mon grand rêve qui se réalise ! »

Après avoir fui la Guinée pour des raisons politiques, Mariama, 39 ans, est arrivée en France où elle a connu la rue, avant d’obtenir le statut de réfugié. Accompagnée par plusieurs associations dont SNC, elle a reconstruit son avenir professionnel et vient aujourd’hui de réaliser son rêve : intégrer une école d’infirmière.

Comment avez-vous connu SNC ?

Je suis originaire de Guinée et diplômée en de sciences politiques. Compte tenu des sujets sur lesquels je travaillais, j’ai fini par être menacée. J’entendais parler de la France depuis mon enfance et j’ai décidé d’y demander l’asile. Sans moyen de subsistance à mon arrivée, je peinais à me nourrir et j’en suis venue à vivre quelques temps à la rue. En parler me fait encore pleurer aujourd’hui, tant cette période était douloureuse. J’ai été aidée par de nombreuses associations qui m’ont accompagnée dans mes démarches et grâce à l’association Jesuit Refugee Service (JRS), j’ai finalement pu obtenir le statut de réfugié ainsi que mon titre de séjour.

Je tenais absolument à retrouver une activité professionnelle plutôt que de rester chez moi en vivant des aides. Après le Covid, j’ai donc cherché du travail dans différents domaines. J’ai notamment postulé dans un centre de tri, où j’ai été embauchée dans le cadre d’un emploi de réinsertion d’une durée maximale d’un an. Il s’agissait de ma première expérience professionnelle en France.

À l’issue de cette année, j’ai cherché un nouvel emploi. Accompagnée par le Plan local pour l’insertion et l’emploi (PLIE), j’ai découvert le métier d’aide-soignante. Cette perspective m’a beaucoup plu. J’ai suivi une formation de dix mois, puis j’ai été embauchée à la Pitié-Salpêtrière, où je travaille depuis 2023. Les équipes qui m’encadraient appréciaient mon travail mais je ne souhaitais pas signer de CDI, car je voulais poursuivre mes études pour devenir infirmière. J’étais prête à financer moi-même cette nouvelle formation.

Pour préparer mon dossier et m’aider à rédiger mon CV, JRS m’a orientée vers SNC. C’est ainsi que j’ai découvert l’association et rencontré mes bénévoles accompagnateurs, Patrick et Nicole.

Comment s’est déroulé votre accompagnement ?

Dès le début de mon accompagnement fin 2025, Patrick et Nicole m’ont aidée à préparer ma candidature à la formation d’infirmière. Leur soutien m’a permis de mieux formuler les choses et de reprendre confiance en moi.

J’ai toutefois rencontré une difficulté importante : je disposais d’une attestation de comparabilité de ma licence obtenue en Guinée, mais je n’avais pas le baccalauréat, car le système scolaire y est différent. Cette situation risquait de compromettre mon admission à l’école d’infirmière. Cette nouvelle a été un véritable choc. J’ai appelé Patrick et Nicole le soir même, en larmes.

Ils ont été très présents à mes côtés. Prenant contact avec l’école d’infirmière, ils étaient prêts à solliciter un médiateur si nécessaire. Dans ces moments de doute et d’angoisse, j’ai senti qu’ils resteraient à mes côtés aussi longtemps qu’il le faudrait. Nous avons finalement obtenu gain de cause.

Le concours d’entrée me stressait également beaucoup. Pour m’y préparer, ils m’ont proposé de faire avec eux un examen blanc comprenant un oral, au cours duquel ils m’ont posé de nombreuses questions sur mon dossier écrit. Nous avons consacré plus de trois heures à cet entraînement. Cette préparation m’a beaucoup aidée et j’ai finalement été admise à l’école d’infirmière !

Patrick et Nicole m’ont également accompagnée dans mes démarches auprès de France Travail pour obtenir le financement de ma formation. Sans leur aide, je n’aurais pas su comment procéder et je n’aurais pas pu obtenir ce financement. Cela m’a permis de préserver le peu d’économies que j’avais réussi à mettre de côté.

Qu’est-ce que cet accompagnement vous a apporté ? Que faites-vous aujourd’hui ?

Le 31 août, j’ai officiellement intégré l’école d’infirmière pour trois années d’études. C’est mon grand rêve qui se réalise. Je suis des cours théoriques et pratiques. À la mi-octobre, je dois commencer mon premier stage de six semaines. Je souhaitais être affectée à l’hôpital, mais j’ai finalement été orientée vers une crèche. J’espère avoir l’occasion de découvrir d’autres environnements lors de mon deuxième stage.

L’accompagnement de SNC a tout changé dans mon parcours. Sans Patrick et Nicole, j’aurais risqué de rencontrer de grandes difficultés lors de l’épreuve orale du concours et de commettre des erreurs qui auraient pu me pénaliser. Aujourd’hui, je suis sereine et très heureuse.

Quels messages auriez-vous envie de transmettre aujourd’hui ?

Je tiens à remercier SNC, et tout particulièrement Nicole et Patrick, qui m’ont apporté un soutien moral et une présence constante. Vous n’imaginez pas à quel point je leur suis reconnaissante. Ils sont devenus comme des membres de ma famille.

Ils m’ont toujours dit que je pouvais les appeler à toute heure, de jour comme de nuit, si j’en avais besoin. Savoir qu’ils étaient là à tout moment m’a donné la confiance et la force d’avancer. Nous sommes progressivement en train de terminer l’accompagnement, mais ils restent disponibles si j’ai besoin d’eux ou si je souhaite reprendre le suivi.

« Tant que tu veux, tu pourras faire » : c’est ma philosophie.

Quand je mesure le chemin parcouru et que je repense à mes débuts, je suis très fière de mon parcours et de la manière dont je me suis battue. Lorsque je travaillais au centre de tri, certaines personnes se moquaient de ma situation. Je ne me suis pas découragée : j’ai continué à me battre pour m’en sortir.

Beaucoup de personnes m’ont conseillé de partir exercer dans d’autres pays d’Europe, où les conditions de travail des infirmiers sont plus avantageuses. Mais je suis reconnaissante envers la France et heureuse de pouvoir aujourd’hui lui rendre ce qu’elle m’a donné.

JRS est également comme une famille pour moi : cette association m’a sauvée. Merci à la France, aux associations comme SNC et JRS et à toutes les personnes généreuses qui ont croisé mon chemin.